Jean-Luc PEROT

Longtemps, j’ai pratiqué les arts martiaux « en artiste» mais depuis Danza Duende j’aime me dire – artiste martial -.

Le TaiChiChuan est une vibration fondamentale ; on croit le pratiquer alors que c’est lui qui nous pratique. Généreux, il va de la méditation au combat. Débonnaire, il s’adapte au moment et aux gens.

Poétique, il se prête à l’interprétation comme à l’invention; l’esprit propose, l’énergie s’éveille et le geste donne à rêver.

J’aime partager ses principes et c’est un plaisir de les voir fleurir en force et en beauté dans d’autres disciplines .

En 1962, j’avais 12 ans et je débarquais à la ville; le judo et le karatedo étaient les pratiques martiales en vue. Elles m’ont passionné mais très tôt, malgré les discours sur les pouvoirs secrets de l’énergie, l’affrontement me semblait le plus souvent se conclure par la force, la vitesse et la détermination.

Des études en éducation physique et biologie précisent mon regard sur le corps et le geste, le fonctionnement et l’entraînement, la motivation et l’enseignement. Sorti de l’école, je reprends une salle et propose un enseignement continu de judo, karaté, gymnastique d’entretien, autodéfense à des adultes et des enfants.

Restent toujours des interrogations sur l’énergie, le Ki, la sagesse,… En 1978, je rencontre la tradition chinoise à l’Association Française de Massage Chinois. La santé, la maladie, le traitement,…d’autres valeurs liées à l’énergétique apparaissent plus clairement. Le discernement et la relativité des savoirs et des points de vue, l’écoute de l’autre, le langage du corps; la modestie et la responsabilité dans le traitement.

En 1978 également, le taijiquan fait son entrée, la nature du combat change mais l’exigence de justesse reste. Rencontre avec différents enseignants et différentes écoles – beaucoup d’assiduité, de lectures et de déchiffrages, l’expérience s’approfondit mais bien des notions restent livresques.

Des rudiments de langue chinoise classique pour comprendre et savourer les caractères et les textes classiques en différentes traductions – NeiJing Suwen, ZhuangZi, Laozi,… et puis aussi, des rudiments d’hébreu en questionnant la tradition d’occident, la chrétienté, l’alchimie, la fraternité maçonnique car, curieusement l’engouement pour l’extrême-orient ramène vers l’occident et sur soi, porteur d’une histoire.

En 1980, rencontre du YangJia Michuan de Maître Wang Yen Nian avec monsieur GuoChi à Bruxelles et puis en 1982 rencontre de Serge Dreyer et les Rendez-vous annuels des Rencontres Internationales de Jasnières. Le champ d’expérience s’ouvre, des personnalités viennent tour à tour préciser des aspects de la recherche qui rebondit d’année en année. Serge Dreyer est un passionné, chercheur chaleureux et découvreur de pistes neuves, il questionne les assertions toutes faites et pousse chacun à aller voir un peu plus loin, de soi-même et par soi-même.

Le caractère martial du Taijiquan, peu lié à la confrontation musclée dégage une énergie faite d’écoute de soi et d’écoute de l’autre. Cette énergie n’exclut ni n’écrase l’autre mais rayonne, au bénéfice de tous; la dimension de bien-être sincère et de plaisir clairement assumé renouvelle la perspective martiale, le plaisir se révèle comme maître exigeant et digne de confiance.

Travail sur le souffle et le son, formation en thérapie manuelle, ostéopathie, information sur le regard psychanalytique, différents QiGong, des pas de danse,…

Aujourd’hui, je suis convaincu de la qualité Taijiquan, je l’enseigne comme pratique efficace de santé c’est-à-dire de bien-être et de mieux-être mais encore comme chemin de maturation. La pratique est une invitation à participer plus lucidement à la vie, en assumant sa spécificité et la rencontre de la différence. Invitation au voyage et invitation au plaisir, l’exercice ouvre les portes non comme par miracle, mais avec ce rythme tranquille qui amène à plus d’humanité.

L’école de la Main franche : www.taichichuan.be

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